37th Annual Crime Prevention Guide

Family Violence Awareness - Sensibilisation à la violence familiale 65 Divers facteurs uniques au parcours d’immigration peuvent provoquer ou aggraver la violence familiale et conjugale envers les immigrantes. Afin de pouvoir comprendre ces types de violence, il faut adopter une approche multidimensionnelle et prendre en compte de nombreuses variables. Selon la Canadian and Domestic Homicide Prevention Initiative (Rossiter et coll., 2018), il est important de prendre en compte les variables suivantes lorsqu’on tente de comprendre et d’aider les immigrantes victimes de violence familiale et conjugale. Chaque aspect est associé à des exemples illustrant comment ou pourquoi de telles variables peuvent entraîner une augmentation des facteurs de risque de violence familiale ou conjugale. NIVEAU D’ACCULTURATION/CHOC CULTUREL Se retrouver dans une nouvelle culture, peu importe la façon dont la personne a immigré au Canada et ses antécédents, peut être compliqué et déstabilisant. Le processus est associé à de très nombreuses informations à assimiler, et ce qui peut sembler pour certains comme de simples détails, peut être choquant pour d’autres. Le sentiment d’être déstabilisé peut entraîner de la frustration, un sentiment d’isolement, un déséquilibre entre les membres d’une même famille et donc aggraver les facteurs de risque de violence familiale ou conjugale. CHANGEMENTS LIÉS AUX NORMES ET AUX ATTENTES CULTURELLES, PERTE DE CULTURE Beaucoup d’immigrants peuvent être désemparés par la réalité de leur expérience; les attentes peuvent ne pas être satisfaites; ils peuvent avoir plus de difficulté à s’adapter à leur nouvelle communauté que prévu. Les attentes déçues et les changements liés aux normes culturelles peuvent entraîner de la déception, de la honte, un sentiment de perte, de regret et de doute, qui peuvent intensifier les risques de violence. ISOLEMENT GÉOGRAPHIQUE ET SOCIAL ET PERTE DES STRUCTURES FAMILIALES ET DE LA COMMUNAUTÉ Certains nouveaux arrivants n’ont pas de liens communautaires solides avant leur arrivée et se retrouvent soudainement loin de leur famille et de leurs amis. Retourner dans son pays d’origine peut parfois être excessivement coûteux, impossible en raison de problèmes de sécurité ou difficile pour des raisons diverses. Ces nouveaux arrivants peuvent donc se sentir seuls. L’intégration et l’inclusion peuvent représenter un défi pour de nombreux nouveaux arrivants, et certains peuvent ne jamais développer un fort sentiment d’appartenance. L’isolement peut engendrer de la tristesse ou de la dépression ainsi que des facteurs de risque accrus en raison de l’incapacité de la victime à trouver des soutiens. DURÉE DE LA PÉRIODE DE RÉSIDENCE DANS LE PAYS D’ACCUEIL Les différents statuts de résidence – allant de la personne sans-papiers à la citoyenneté – signifient que les nouveaux arrivants ont accès à différents niveaux de services. Dépendre des principaux demandeurs, de sponsors ou d’autres autorités peut entraîner des situations précaires, et notamment des risques d’exploitation ou d’autres formes d’abus, que les victimes acceptent afin de pouvoir obtenir leur résidence permanente ou un autre statut juridique. À l’autre extrémité du spectre, pour certains citoyens nés à l’étranger, on peut supposer qu’ils sont pleinement intégrés et qu’ils connaissent parfaitement les services offerts, alors qu’en réalité, ils ont peut-être besoin de plus de soutien et se sentent toujours isolés. PERTE DE STATUT SOCIO-ÉCONOMIQUE Dans de nombreuses cultures, le statut socioéconomique (ou classe) est souvent considéré comme étant très important. Une perte de statut, causée par exemple par la difficulté à trouver un emploi, une immigration forcée ou le coût de la vie dans la nouvelle communauté, peut entraîner une perte de fierté, de la frustration, de la honte, et, dans de nombreux cas – surtout dans les cultures plus patriarcales – l’impression d’une perte de virilité ou de domination. Tout cela peut entraîner une augmentation des risques de violence familiale et conjugale, laquelle violence constitue un moyen de retrouver un sentiment de pouvoir. DÉSÉQUILIBRE DE POUVOIR ENTRE LES CONJOINTS, CROYANCES PATRIARCALES TRADITIONNELLES ET RÔLES HOMME/ FEMME STRICT OU CHANGEANT On observe souvent un changement de la dynamique familiale chez les familles de nouveaux arrivants. En effet, les enfants apprennent la langue du nouveau pays et s’adaptent aux nouvelles normes culturelles plus rapidement que les parents, les femmes deviennent plus autonomes au sein de familles traditionnellement patriarcales, ou les hommes se sentent affaiblis en raison de la perte de leur statut socio-économique. Il existe de nombreux facteurs, mais ces changements peuvent être difficiles à gérer, à adapter ou à accepter pour les familles. Dans les familles aux normes plus strictes, le besoin de retrouver son pouvoir et son autorité se traduit par des actes de violence et des comportements visant à contrôler. FACTEURS CONTRIBUANT À LAVIOLENCE ENVERS LES IMMIGRANTES a continué

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